​Heures d'ouvertures

Fermé pour la saison hivernale

Adresse

Le Grand-Cachot
CH - 2405 La Chaux-du-Milieu
grandcachot@gmail.com

+41 79 611 24 99

Cotisation

Le paiement d'une cotisation annuelle de CHF 50.- (individuelle) ou CHF 70.- (couple) donne droit à l’entrée gratuite à la ferme pour chaque manifestation.

Vernissages

Les vernissages, animés par une partie musicale, se déroulent EN PRINCIPE le dimanche de l'ouverture de chaque exposition à 11 h. Ils sont suivis d'un repas préparé à la cuisine de la ferme, (réservation par e-mail, merci d'avance).

© 2018 Fondation du Grand-Cachot-de-Vent

La peinture de Nicola Marcone, une envoûtante étrangeté.

 

A l’écart des écoles, des modes et des dogmatismes, Nicola Marcone développe une esthétique figurative qui n’appartient qu’à lui seul et qui fait son originalité et son génie : à la fois regard critique sur le monde extérieur et invitation à entrer dans un univers onirique.

 

Cet artiste, diplômé de l’École supérieure d’arts visuels de Genève, lauréat du Prix des Amis des arts et du Prix Bachelin présente un ensemble important de son travail récent à la Ferme du Grand-Cachot-de-Vent à La Chaux-du-Milieu, une trentaine de peintures, principalement des huiles sur toile.

 

Les tableaux exposés évoquent presque tous une nostalgie, celle de l’absence, d’un monde en voie de disparition. Ce sont pour la plupart des natures mortes d’objets d’usage courant, à la fois familiers et décalés car démodés, témoins rescapés d’un passé oublié: une bassine ancienne, une poussette du XIXe, un outil de grand-papa, un miroir, une commode,… Déplacés dans le temps, isolés dans l’espace de la toile, ils deviennent des fantômes d’objet, prétextes à la rêverie. 

«C’est cela qu’il convient de peindre, explique Nicola Marcone, car la peinture n’est pas du tout un art de la compréhension. Je me mets à rêver longuement sur un objet et je peins ce qu’il me raconte, ce qu’il me fait ressentir. Sa matérialisation en un personnage de peinture provient de cette rêverie.»

Le peintre prête alors aux objets un caractère d’étrangeté en jouant de contrastes divers: le net et le flou, le clair-obscur et autres dichotomies : esquissé/détaillé, voilé/dévoilé, lisse/rugueux, translucide/empâté, procédés peu perceptibles aux yeux du spectateur, mais l’invitant lui aussi à entrer en résonance poétique avec le « portrait ».

Les paysages ainsi que la série des architectures imaginaires procèdent du même décalage temporel; les constructions représentées, bien que d’inspiration romane, n’ont jamais existé dans la réalité; l’artiste les construit comme un jeu de lego: tours tronquées, châteaux impossibles, ponts improbables ou encore maisons emprisonnées dans un mur d’enceinte. Même réinventé, le passé semble fragile, il porte les stigmates de sa désagrégation. 

Parfois le paysage extérieur est même dénudé, absent de toute âme si ce n’est, perdu au loin, un arbre. Quant aux espaces intérieurs, ce sont des chambres vides, à l’instar de celles du Danois Hammershoi, l’un des maîtres à peindre de Nicola Marcone avec Le Caravage.

Mais l’humour n’est jamais très loin, parfois gentiment moqueur comme ces bonnes vaches suisses paissant dans le pâturage, ces musiciens immortalisés avec leurs cuivres ou encore un curieux Autoportrait en âne. Ailleurs l’ironie est plus mordante, par exemple dans cette représentation, autour d’une table brillante comme de l’or, de politiciens, banquiers ou autres oligarques imbus d’eux-mêmes.

Au détour de l’exposition, clin d’œil à Vélasquez, on se trouvera soudain devant une énigme, perspective avec personnage absent qui représente, grandeur nature et très réaliste, un somptueux miroir en pied qui ne reflète ni le spectateur, ni le peintre, qui lui, (un autoportrait) regarde le spectateur depuis l’encadrement de la porte… Mais qui est qui ? qui est où ?

Que ce soit par la rêverie contemplative ou par la dérision, la peinture de Nicola Marcone est toujours une quête de sens ; elle interroge le passé avec nostalgie pour mieux comprendre le présent et en faire apparaître les manques et les dérives. Car qu’est-il arrivé à l’homme pour qu’il perde certains liens importants avec une culture séculaire et humaniste, s’éloignant ainsi du paradis que pourtant il convoite ?

L’exposition se termine sur un hommage à Eric Vial, l’ami récemment disparu, philosophe et peintre lui aussi et qui fut longtemps son voisin d’atelier.

Concert de Simon Peguiron, Aleksandra Varaksina & Maria Kropotkina

Avec au programme: Ludwig van Beethoven, sonate pour violon et piano n°4 en la mineur - Franz Schubert, sonate pour arpégions (alto) et piano en la mineur et Maurice Ravel, sonate pour violon et piano dn sol majeur